À quoi doivent s'attendre les entrepreneurs en 2026 ?

À quoi doivent s’attendre les entrepreneurs en 2026 ?

par Blandine Cain

Je ne vais pas vous mentir et je vais aller droit au but : la plupart des entrepreneurs de mon entourage se posent beaucoup de questions sur l’avenir de leur société. Une part significative d’entre eux est en mauvaise posture : les résultats ne sont pas au rendez-vous, ils n’arrivent pas à rebondir et s’épuisent. Beaucoup pensent à reprendre un poste salarié, après parfois 10 ou 20 ans d’entrepreneuriat ! La période est donc particulière, et ne doit pas être confondue avec une petite baisse de moral saisonnière : la plupart des structures fragilisées vont fermer et les entrepreneurs qui étaient déjà au bout du rouleau il y a un an vont être nombreux à jeter l’éponge.

Oh, mais quelle introduction enthousiasmante ! Désolée, mais je vous dois d’être franche : si vous voulez sortir indemne de 2026, il va vous falloir faire les bons choix et mettre votre énergie au bon endroit.

Le mot d’ordre du moment : l’incertitude

Le mot qui revient le plus souvent en ce moment, lorsque j’interroge les entrepreneurs que je côtoie, est l’incertitude.

Il y a les très, très grosses incertitudes, celles qui nous échappent : la crise économique, le risque de conflit international, l’instabilité politique, le changement climatique, les changements de règles administratives et fiscales. Même si nous pouvons agir à notre humble niveau, nous sommes conscients que les grandes orientations de cet ordre nous dépassent et adviendront, quels que soient nos actes.

De ce fait, nous avons la sensation de les subir. Lorsque ces changements systémiques sont particulièrement visibles et se cumulent, comme c’est le cas depuis quelques années, ils conduisent logiquement à un immobilisme, chacun attendant que la tempête s’éloigne, ou du moins que la situation se stabilise, pour en comprendre les effets et pour se projeter. Ce qui génère un effet boule de neige : la réaction cumulée des individus que nous sommes empire la situation en enrayant l’esprit d’initiative.

Il y a ensuite les incertitudes de niveau intermédiaire : un changement d’algorithme sur tel réseau social, un nouveau format qui cartonne, un mème que tout le monde s’évertue à imiter avec plus ou moins de talent, l’injonction à créer son site vitrine, non, à avoir une chaîne Youtube, mais non, à lancer un podcast, non, à ouvrir une boutique sur Etsy… Vous y perdez votre latin et surtout, vous courez après les tendances ?

Arrêtez tout et posez-vous les bonnes questions : sur quels canaux ou dans quels réseaux se trouve votre clientèle ? quels sont vos produits ou services qui fonctionnent et sur lesquels vous pouvez capitaliser ? quels sont les produits et services qui fonctionnent actuellement le mieux dans votre marché ? avec quels outils et concepts êtes-vous à l’aise ? Une fois des réponses trouvées à chacune de ces questions, faites le bilan objectif de la correspondance entre ce que vous faites et ce qu’il faudrait faire et créez une feuille de route qui vous ressemble et qui vous conduit sur un chemin prometteur. Ne suivez pas les modes coûte que coûte.

Il y a enfin les incertitudes à notre niveau : un client qui signera ou ne signera pas, une haute saison qui sera bonne ou mauvaise, un souci de santé, un sinistre, un problème personnel…

Ces incertitudes sont le propre de tout entrepreneur – et de tout être humain –, mais elles ont tendance à se multiplier, ou du moins à interpeler davantage notre attention, lorsque le climat général est anxiogène.

Là encore, une partie d’entre nous va adopter une posture conservatrice pour attendre de voir l’évolution et favoriser des solutions de repli. D’autres vont au contraire tenter de transformer ces incertitudes en autant d’opportunités : certains en proposant une offre qui répond à une demande nouvelle ou en prenant des risques pour saisir les opportunités qui se présentent en ces temps d’incertitude ; un bâtiment vendu en-dessous du prix du marché – mais quel sera l’évolution du prix du marché dans les années à venir… ?, la reprise d’une entreprise présentant un investissement rentable – mais rentable pour combien de temps… ?

Que vous choisissiez l’une ou l’autre de ces stratégies, soyez simplement conscient qu’aucune n’est sans risque : attendre, c’est parfois laisser passer le train et boire le bouillon parmi les premiers ; investir et innover, c’est potentiellement se tromper de timing, d’ambition ou de besoins…

La révolution en cours : l’IA

L’intelligence artificielle rebat les cartes dans de nombreux métiers : les traducteurs, rédacteurs, illustrateurs, développeurs… mais aussi les comptables, avocats, psychologues… qui voient leurs métiers concurrencés par les machines. Une nouveauté pour ces professions dites intellectuelles qui se croyaient à l’abri, ayant considéré la révolution industrielle comme une vieille histoire ne les concernant pas.

La réalité, c’est qu’il va désormais falloir rivaliser d’ingéniosité pour proposer des services plus attractifs que la machine, pour un coût qui restera nécessairement très supérieur. Avec la difficulté supplémentaire que l’IA a été paramétrée pour être a priori d’accord avec son interlocuteur humain et ainsi le conforter dans ses intuitions, mais aussi dans ses préjugés et dans ses dogmes : celles et ceux qui utilisent l’IA désormais au quotidien s’enferment rapidement et dangereusement dans un biais de confirmation qui ne leur permettra bientôt plus d’exercer leur libre arbitre, d’identifier les failles de leur raisonnement ou encore, d’aborder une problématique en changeant de prisme. L’IA est en train de créer des humains gonflés d’une confiance en eux abusive.

Petite digression à l’endroit des plus aguerris avec l’IA, qui m’opposeront qu’un bon prompt sait juguler ces biais. C’est vrai, du moins en partie. Mais la majorité des personnes dont je vous parle n’ont pas conscience de ce biais. Mieux : certaines s’en satisfont en connaissance de cause, car il est très agréable d’être conforté par une machine qui nous dit ce qu’on a envie d’entendre, bien plus qu’un spécialiste d’un sujet ou qu’un professionnel expérimenté : ce n’est pas la vérité qui est recherchée, mais l’approbation. Cette tendance a toujours existé chez l’humain, et je l’ai constaté durant certaines de mes missions de conseil : le porteur de projet ne cherche pas toujours à ce qu’on lui fasse un retour honnête sur son concept, qui peut aller jusqu’à une recommandation de ne surtout pas se lancer. Il préfère parfois un retour dithyrambique ou du moins complaisant, quitte à ce que ce soit totalement faux. C’est souvent un problème d’orgueil, parfois le biais des pertes irrécouvrables qui s’exprime : j’ai déjà tellement investi dans ce projet (de temps, d’énergie, d’argent…) que je ne peux plus y renoncer, même si je fonce dans le mur.

Ma conclusion est que de nombreux métiers vont quasiment disparaître à cause de l’IA, et nous devons nous y préparer : multiplier les cordes à notre arc, nous former en permanence… Nous ne pourrons pas compter sur la prise de position d’une poignée de résistants contre l’IA pour générer suffisamment d’activité à tous les prestataires qui se retrouveront sur le carreau. En même temps, la génération X et les suivantes sont déjà habituées à exercer plusieurs métiers dans leur vie !

Option 1 : il ne vous reste plus qu’à trouver un nouveau métier qui sera suffisamment pérenne pour ne pas repartir pour un tour trop souvent. Vous avez le choix entre vous former à un métier manuel requérant des compétences pointues et conserver un métier de services intégrant une forte dimension humaine qui rend la machine inapte à réaliser les tâches associées – au risque qu’elle le devienne un jour ou l’autre, au vu des progrès réalisés en matière d’anthropomorphisme et d’apprentissage mimétique.

Option 2 : usez d’arguments percutants pour que vos clients soient absolument convaincus de la valeur ajoutée que vous leur apportez en comparaison de l’IA. Cela demandera beaucoup de pédagogie, de communication et d’efforts.

Option 3 : Surfez sur la vague de l’IA : devenez expert en IA, sur tel ou tel sujet porteur, et vendez vos services à ceux qui ne la maîtrisent pas encore ou qui ne savent pas comment la mettre en œuvre concrètement dans leur entreprise. À noter que vous risquez néanmoins d’être vite dépassé par les générations nées avec l’IA…

Les opportunités à saisir autour de la transition

Jusqu’ici, ma vision de 2026 n’a pas été très optimiste, je vous l’accorde. Pourtant, il existe une lueur d’espoir : la transition environnementale !

Je ne vais pas vous assaillir de chiffres tous plus effrayants les uns que les autres, simplement vous rappeler que la crise environnementale n’est pas une fable, mais une réalité qui s’est déjà ancrée dans notre quotidien mais que nous nions de toutes nos forces tant son pouvoir anxiogène dépasse de loin tout ce que j’ai déjà énoncé. J’en veux pour preuve notamment les méga-feux, les inondations, les ruptures d’eau potable, les tornades… aussitôt oubliés, mais qui commencent déjà à peser lourdement sur nos épaules : il suffit de regarder nos factures d’eau ou nos primes d’assurance. Bientôt, nous ne pourrons tout simplement plus nous assurer car les risques seront trop probables.

7 des 9 limites planétaires ont déjà été franchies (https://www.agenda-2030.fr/a-la-une/actualites-a-la-une/article/la-septieme-limite-planetaire-franchie-un-signal-d-alerte?), ce qui veut dire que des changements majeurs sont inéluctables à court terme : non seulement nous allons connaître des températures et des situations climatiques de plus en plus violentes et extrêmes, mais nous allons potentiellement connaître aussi une crise alimentaire et énergétique majeure.

Comme dans toute crise, des opportunités vont pourtant émerger et elles seront saisies par ceux qui :

– croient en cette thèse de grand bouleversement environnemental plutôt que de nier l’évidence et de « profiter » jusqu’à ce que la dernière goutte de pétrole ait été consommée (et la dernière abeille décimée, et le dernier poisson pêché…)

– choisissent de chercher des solutions plutôt que de baisser les bras 

– prennent des risques là où l’impact peut faire converger une activité pérenne (levier économique) et un avenir souhaitable (levier social et environnemental) : la convergence de ces 3 intérêts jusqu’ici opposés est pour très, très bientôt !

N’attendons pas que les politiques publiques flèchent une part significative d’investissements vers les sujets de transition : ceux qui se saisiront de ces marchés ont tout intérêt à le faire avec des montages leur garantissant la plus grande autonomie possible, car une fois les premières avancées visibles, des frictions avec les lobbies actuels vont légitimement apparaître et l’État sera en délicatesse pour choisir son camp. Votre indépendance assurera votre capacité à continuer d’innover et à poursuivre dans la bonne direction, une fois l’efficacité de vos solutions démontrées.

Je ne parle pas nécessairement de technosolutionnisme, mais avant tout de solutions de bon sens et d’initiatives locales, disséminées au sein des territoires, décidées en concertation avec ses habitants ; c’est là où l’acteur public aura sa part à jouer, mais je l’imagine plutôt s’emparer de ces sujets à une échelle communale. Je suis absolument convaincue que de telles solutions favoriseront une transition douce, pacifique et permettra en plus de resserrer les liens d’entraide entre des citoyens aujourd’hui perdus et d’assurer notre avenir économique, social et environnemental.

Conclusion

Plus que jamais, l’année 2026 sera placée sous le signe de l’agilité et de la résilience. Attention à ne pas confondre ces qualités avec l’agitation, la précipitation et l’éparpillement : fixez-vous un cap stratégique réaliste et aligné, déployez des actions en cohérence et évaluez régulièrement vos résultats pour réajuster – et non pour effacer d’un trait toute votre stratégie et changer de cap tous les 3 mois.

Pour celles et ceux qui ont l’impression de s’approcher dangereusement du bout du bout du bout et de ne plus voir de solution, je vous propose de me contacter avant le 24/12/2025 : j’ouvre dans quelques semaines 4 places pour un accompagnement sur-mesure qui vous permettra d’aboutir en seulement 2 mois à une décision claire et argumentée quant à l’avenir de votre entreprise.

Vous voulez savoir ce que j’imaginais comme perspectives il y a un an, pour 2025 ? C’est ici.


Commentaires

Une réponse à “À quoi doivent s’attendre les entrepreneurs en 2026 ?”

  1. Très belle analyse, qui nous amène à un projet ambitieux : se poser les bonnes questions sur notre activité. Cette première pierre sous-tend tout le reste de l’édifice. Merci Blandine de nous y aider

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